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Bouna Sarr à Luis Fernandez « …J’aurais préféré qu’il m’appelle… »

A la veille de jouer un match important contre Lyon une ville où il a vu le jour, découvert le monde pro mais aussi connu ses premières galères, n’étant pas conservé au sein du centre de formation de l’OL, alors qu’il n’avait que 13 ans.

Il nous a fait part de sa détermination, à peine troublé par les facéties de son pote « GK » Nkoudou, venu lui rendre une petite visite pendant l’entretienTout d’abord, comment allez-vous ?

Bouna Sarr : Sur le plan physique, ça me fait du bien d’enchaîner les matches. Espérons que ça continue ainsi !

Votre blessure (entorse de la cheville) était passée inaperçue à Bordeaux, lors du dernier match de 2015…
B.S. :
J’ai pris un coup assez tôt dans le match, sur un tacle de Contento. Ça m’a beaucoup diminué et je n’imaginais pas que la durée de ma blessure allait être aussi longue… J’aurais dû demander à sortir. Je n’ai pas fait un bon match et je pense avoir perdu des points. Par rapport à ma situation, mon statut de remplaçant, j’ai voulu bien faire, j’avais une carte à jouer alors je me suis dit que je devais serrer les dents, d’autant qu’après, il y avait la trêve. En fin de compte, je n’ai pas pris la bonne décision. J’ai dû m’en expliquer avec le coach et son adjoint. Aujourd’hui, je suis content que cette histoire et cette blessure soient derrière moi.

Avez-vous été surpris de reprendre dès le match à Toulouse, en coupe de la Ligue ?
B.S. :
J’avais repris l’entraînement seulement le lundi, et deux jours pour se replonger dans la compétition, c’est un peu juste. J’étais vraiment à court, je n’ai pas fait une bonne entrée. En revanche, j’ai eu le temps suffisant pour préparer Caen.

Que s’est-il passé pour qu’on vous découvre aussi métamorphosé en Normandie ?
B.S. :
 Avant ce match, Franck Passi m’avait demandé ce qui n’allait pas. Je lui ai simplement répondu que de mon côté, je continuais à bosser et qu’il me fallait peut-être un match référence ; ce que j’ai eu à Caen, où j’ai joué avec une certaine liberté. Il faut que je m’appuie sur ce genre de prestations et que je les répète.

À quoi cela est dû ?
B.S. :
 J’ai surtout fait un travail sur moi-même. Depuis le début de la saison, le coach insiste sur la confiance qu’il a en moi, il y a eu ce dialogue avec son adjoint… Je me suis dit qu’à un moment donné, il ne fallait plus que je me trouve d’excuses. On me donne ma chance, à moi de la saisir. J’étais vraiment surmotivé avant le match de Caen, il faut que je continue à m’appuyer sur ce type de préparation pour rester performant.

Vos anciens éducateurs évoquent régulièrement votre inconstance. Partagez-vous leur avis ?
B.S. : Oui, même s’ils sont mieux placés que moi pour en parler. Ça m’est déjà arrivé de faire un bon match puis de disparaître de la circulation. En fin de saison dernière, j’ai quand même enchaîné une dizaine de matches de bon niveau. J’en suis capable, mais je dois continuer à bosser ma régularité, y compris dans un même match. Je vais avoir 24 ans à la fin du mois, je n’ai plus envie d’avoir cette étiquette de jeune.

Michel évoque souvent la pression qui pèse sur l’équipe, notamment au Vélodrome. Comment la ressentez-vous ?
B.S. :
Elle est forte. Mais dans la pression, il y a des choses qui arrivent à me motiver. Après, quand ça va mal, c’est difficile et il faut arriver à s’accrocher, mais on vit aussi pour ces moments-là. Quand ça va bien, on est boosté par le public et ça nous donne cette force qu’on va chercher au plus profond de nous-mêmes. Ce n’est pas toujours facile, mais quand tout va bien, c’est magique.

Avez-vous douté et songé à partir lors de ce mercato ?
B.S. : Je n’ai jamais douté. Même dans les moments les plus difficiles, je me suis toujours dit que si j’étais venu ici, c’était pour vivre ces moments. Ça m’a fait grandir. Il faut toujours chercher du positif, même dans le négatif. Partir en prêt ne m’a pas traversé l’esprit une seule seconde. J’estime que c’est ma première saison, mes six premiers mois à l’OM, et j’étais en droit d’être dans la découverte, apprendre. On attaque la deuxième partie de la saison, les cartes ont été redistribuées par rapport aux blessures, je ne me prends pas la tête, je continue à bosser. Je fais en sorte d’emmener mes qualités, cette fougue pour aider le collectif.

Ce match à Lyon arrive-t-il au bon moment ?
B.S. : Il arrive exactement au bon moment. Si on arrive à aller faire un résultat là-bas, je pense qu’on va relancer la machine, on va prendre le maximum de confiance et ça nous permettrait aussi de remonter au classement. C’est un match très important pour nous et le peuple marseillais. On va être attendu là-bas, mais nous aussi on les attend de pied ferme. Et on sera prêts.

Pour vous, sur un plan personnel, aussi…
B.S. : C’est une opportunité de faire un gros match, face à une grosse équipe, dans une belle affiche. Je suis satisfait de mon match à Caen, faire un bon match contre un rival comme Lyon, ça serait une chose encore plus bénéfique. Après, je ne me mets pas forcément de pression, il faut que je joue comme je sais le faire.

Lyon, c’est forcément particulier pour vous. Vous y êtes né et aviez fréquenté le centre de formation, les demandes de places ont dû être nombreuses ?
B.S. : Beaucoup, beaucoup de monde va avoir des places, que ce soit la famille, des amis d’enfance, des amis qui n’habitent pas forcément à Lyon… J’ai passé trois années à l’OL, j’y ai fait ma préformation. J’y ai appris des choses, mais ce n’est pas forcément là-bas que j’ai su que j’avais les qualités pour devenir footballeur professionnel. J’ai quitté le circuit pro à l’âge de 13 ans pour y revenir à 17 ans. Je ne peux pas dire aujourd’hui que c’est grâce à l’Olympique Lyonnais que je suis footballeur professionnel. J’en garde des bons souvenirs, j’ai pu évoluer avec des joueurs que je vais retrouver sur le terrain comme Lacazette, Grenier, Ghezzal… Ça me fait plaisir aussi pour eux qu’ils en soient arrivés à ce niveau-là. Mais c’est aussi une satisfaction pour moi de leur montrer que je n’ai pas réussi à Lyon, mais que je suis à l’Olympique de Marseille.

Ne pas être conservé au centre de formation de l’OL a été une déception ?
B.S. : Oui, car c’était le club de ma ville. Mais je n’avais que 13 ans, ce n’est pas à cet âge-là qu’on peut envisager une carrière professionnelle. Je me suis accroché par la suite et j’ai réussi à revenir dans le circuit. J’ai eu un parcours assez compliqué, mais aujourd’hui j’en suis très heureux.

Un parcours qui vous a conduit à Metz, un club pour lequel votre attachement vous a emmené quelques tensions avec certains supporters de l’OM…
B.S. : Avec Metz, c’est une histoire d’amour. J’ai essayé de fouiller un peu pour savoir d’où venait cette rivalité et j’ai compris que c’était dû à un affrontement qu’il y avait eu entre les supporters de Metz et Marseille… C’est compréhensible de leur part, mais il faut aussi qu’ils se mettent à ma place. Ce n’est pas avec moi qu’ils se sont bagarrés, ce n’est pas avec moi qu’ils se sont insultés. Je n’y suis pour rien. J’arrive à les comprendre, mais il faut qu’ils arrivent à me comprendre aussi. Avec le temps, c’est ce qu’ils arrivent à faire. Je suis allé de bon coeur à la rencontre des supporters de l’OM pour échanger à ce sujet. On avait besoin de ça pour avancer tous ensemble.

Vous êtes proche de Georges-Kévin Nkoudou. Sa trajectoire peut-elle être un exemple ?
B.S. : Oui, d’autant qu’on a un peu le même profil, lui à gauche, moi à droite. Il faut s’appuyer sur ce qu’il a fait jusqu’à présent. Dans un club comme Marseille, ça peut aller très vite dans les deux sens, on t’encense aussi vite qu’on t’enterre. Ce sont des choses qu’il faut savoir gérer. Aujourd’hui, je suis dans une bonne dynamique, je dois faire en sorte qu’elle dure le plus longtemps possible.

Et avez-vous eu des nouvelles de Luis Fernandez (sélectionneur de la Guinée) ?
B.S. : Aucune ! Cette histoire reste un malentendu, je n’ai aucun problème avec personne, je ne lui en veux pas. J’aurais préféré qu’il m’appelle, qu’il y ait un dialogue entre nous. La sélection, j’y pense mais ce n’est pas quelque chose sur lequel je vais me précipiter. Dans un club comme Marseille, on mûrit deux fois plus vite qu’ailleurs. Je prends le temps de mûrir cette saison, et on verra par la suite ce qui se passe pour la sélection.

Sébastien Aumage

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