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Interview Luis Fernandez va t’il quitté le Syli National ?

Tenu en échec à Conakry lors de la troisième journée des éliminatoires de la CAN 2017, le Syli national a su réagir à Blantyre face aux Flames du Malawi au compte de la quatrième journée. Dos au mur, les Guinéens ont fait le boulot pour prendre les 3 points qui les remettent dans le sens de la marche. Déçu par les propos tenus lors de la réunion à la veille du départ de Conakry, Luis Fernandez annonce en exclusivité avec nos confrères de Guineenews© son intention de réfléchir par rapport à sa situation contractuelle avec la Guinée. Le technicien français va-t-il jeter l’éponge dans les jours à venir ? Rien n’est exclu.  Lisez !
 Trois points contre le Malawi, comment analysez-vous ce match ?

Luis Fernandez : C’était un match compliqué, très compliqué et difficile. Il a fallu tenir compte des conditions climatiques. Jouer sur du synthétique, il faut s’adapter. Sur un synthétique, on joue totalement différent parce qu’on essaie de construire ou de repartir. On a joué un peu plus direct pour que Ibou, Idrissa et Elo récupèrent les ballons dans la moitié de terrain adverse. Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé la solidarité. J’ai beaucoup aimé l’état d’esprit.

Il fallait jouer dans l’après-midi, vous avez 30 à 35 degré. Ce ne sont pas des conditions idéales. Le fondamental, on ne retiendra que les 3 points. On est toujours satisfait quand on gagne. On sait très bien que dans le jeu, j’aimerais être beaucoup plus efficace. L’équipe a été très forte sur le plan mental. L’équipe a joué sur un terrain impraticable, ce n’est pas un terrain de football. A part un but qu’on prend sur un coup de pied arrêté et le ballon sorti par Naby vers la fin du match, il a passé une journée tranquille. L’équipe a montré de l’orgueil. Ils ne se sont pas découragés après le but. Ils sont repartis, ils ont égalisé et puis après ils ont gagné.

Par rapport au positionnement des joueurs, vous avez mis Traoré dans l’animation et Elo Yattara sur les côtés, comment justifiez vous ces choix ?

Luis Fernandez :  On n’avait l’obligation de mettre le plus rapidement que possible le danger dans leur camp avec des joueurs qui avaient ces caractéristiques. Idriss à travers son envergure athlétique et son jeu de déviation et sa puissance. Elo nous a beaucoup apportés sur les côtés, énormément parce que c’est un garçon qui a de l’expérience. Peut être que c’était sa première fois de jouer sur un côté mais il l’a bien fait. Et Ibou et Seydouba sont des leaders techniques.



À la fin de la première mi-temps, vous avez du analyser le contenu des 45 premières minutes. Et vous vous êtes rendu que ce système ne fonctionnai pas. Finalement, vous avez effectué les changements qu’il fallait.

Luis Fernandez :  Ce n’était pas que ça ne fonctionnait pas bien parce qu’on a eu des occasions. On a changé un peu le système. On a rapproché Elo à Idrissa pour avoir un peu plus de puissance et de force. On a mis Lass sur le côté gauche et Ibou sur le côté droit parce c’est à ce poste qu’il joue à Mönchengladbach. C’est un joueur de couloir. Et puis, il y avait Sankon et Landel en rôle de sentinelle devant la défense. Ils ont été parfaits dans leur registre. En deuxième mi-temps, on a repris du poil de la bête. Dans l’ensemble, la victoire est amplement méritée.

Dans la deuxième partie de la première mi-temps, la défense était en difficulté. Mais les joueurs se sont repris en deuxième mi-temps.

Luis Fernandez : Quand tu viens juste d’égaliser avant la mi-temps, c’est l’adversaire qui prend un coup derrière la tête. Nous, ça nous a regonflés, ça nous a redonnés confiance. En deuxième mi-temps, on a joué un peu contre le vent. C’est pour ça que c’était un peu plus compliqué. Mais bon, le discours était positif. J’ai fait les changements et j’étais disposé à faire entrer tous les joueurs offensifs que j’avais sous la main pour essayer d’aller chercher cette victoire.

Au milieu de terrain, vous avez titularisé deux jeunes. L’un est nouveau et l’autre est le plus souvent sur le banc. Ils ont fait le boulot.

Luis Fernandez : Ils ont beaucoup couru, ils ont beaucoup participé. Ils étaient très actifs. On leur demandait d’être toujours en soutien. C’est vrai que dans ce genre de terrain, il ne faut pas trop se lancer à l’abordage. Il faut garder un certain équilibre. Avec les 4 défenseurs, ils ont été parfaits parce qu’ils ont intercepté et ils ont récupéré beaucoup de ballons. Dans l’ensemble, je trouve que Sankon a bien répété par rapport à son match de vendredi. Et Landel, ça faisait un certain temps qu’il ne jouait pas du tout. Il a été hyperactif même si par moment il perdait le ballon. Dans son activité, dans sa présence, il a été parfait.



En défense, vous avez replacé Cantona sur le côté gauche et vous avez mis Baissama sur le côté droit. Pourquoi avez vous sorti Issiaga de ce onze de départ ?

Luis Fernandez : En le sortant, il faut faire l’analyse d’un match. Tu as Florentin et Fodé en défense centrale, il te faut donc deux latéraux qui sont assez rapides au cas où on se faisait contrer. Je pense que les deux sur les côtés ont été bons. Ils ont bien défendu. Ils ont été là où il fallait. Défensivement, on n’a pas trop souffert. On n’a pas été mis en danger énormément.

Je pense que les quatre derrière plus Naby, ont bien joué. Quand tu mets un gaucher à droite, c’est peut être plus compliqué pour lui. Par expérience dans mon équipe de France, j’avais Amoros qui jouait au poste d’arrière gauche, il était droitier et c’était l’un des meilleurs arrières au monde. Evidemment, il faut avoir un discours, il faut échanger avec le garçon.

Il faut lui demander s’il a eu l’occasion d’évoluer à ce poste. Il m’a dit oui, ça lui pose aucun problème. Par rapport au match du vendredi, même si sur le plan offensif, il n’a pas réalisé de grandes performances, je l’ai trouvé bien dans l’anticipation, dans la rapidité, dans les duels. Il est assez tonique et assez rapide. Et ça, c’est important.

Est-ce que l’état de la pelouse a pesé dans vos choix ?

Luis Fernandez :
La pelouse, celle-là comme celle de vendredi, c’est quand même assez triste que l’on revienne jouer deux ans après et qu’on n’ait pas de pelouse digne. Un garçon comme Naby Keita, après le match, par rapport aux conditions climatiques avec le match à 17h, il a passé toute la nuit à l’hôpital. Et aujourd’hui, je n’ai pas Naby Keita. Jouer sur un terrain comme ça, c’est assez dur et pénible.

Par rapport au résultat de cet après midi, est ce que vous ne regrettez pas vos choix de Conakry ?

Luis Fernandez :
Il y a un homme qui est décédé récemment qui s’appelle Johan Cruyff, il jouait avec trois défenseurs centraux. Ensuite, il mettait deux joueurs très excentré et il mettait des milieux de terrain très techniques. Tu mets des garçons comme Ibou Traoré, Conté, Nay, Idrissa, ce sont des garçons à vocation offensive. Après, si tu me donnes un terrain comme celui de Conakry, je ne peux pas jouer au football. Donne moi un bon terrain, je te remet trois défenseurs. Peut être j’aurais pu faire jouer Naby un peu plus bas avec Traoré et Zidane, et puis mettre un attaquant de plus. Mais Naby, en trois quatre jours, n’était pas très très bien.

Quand on fait des choix, il y a une certaine réflexion. Le football, c’est attaqué et mettre un but à l’adversaire. C’est plus difficile à construire une équipe pour attaquer. C’est plus facile à faire une équipe pour défendre. Tu me redonnes le terrain de Conakry pour le prochain match, je vais pousser un coup de colère.

Moi je suis déçu, on aurait bien voulu gagner ce match. Il y avait de la déception. On aurait bien aimé gagné ce match. Je dédie d’ailleurs cette victoire aux supporters. C’est leur victoire. Donnez moi un bon terrain à Conakry pour la rencontre à venir même si je ne sais pas si je serai à Conakry pour le prochain match. Tu mets un terrain comme ça, tu joues contre ton équipe, tu joues contre tes supporters. Heureusement, parce qu’ils auraient pu gagner le match sur la fin. C’est un terrain qui est mieux pour une équipe qui défend. 

Vous venez de dire que vous ne savez pas si vous serez à Conakry pour le prochain match, pourquoi ?

Luis Fernandez :
Je ne sais pas encore. Je suis de ceux qui regardent un peu les situations. Le ministre est venu à la veille du match pour apporter son soutien aux joueurs. Après il y a eu une discussion entre le Comité Exécutif, son secrétaire général et le ministre.

Le staff qu’on a réuni, vous n’avez qu’à poser la question aux joueurs, nous avons des gens qui sont compétents. J’ai pris des engagements avec la Guinée, aujourd’hui ce qui m’embête, c’est qu’au cours de cette réunion, on ne peut pas critiquer un président d’une Fédération. Je ne peux pas accepter cela. Dans mes engagements, il était prévu que Laurent Hatton soit le plus rapidement que possible sur place parce qu’on est conscient qu’on veut aider le football guinéen.

On le suit, on le regarde et on cherche des joueurs guinéens. Nous, dans le travail, on est très professionnel. Un Comité Exécutif qui vient avec un secrétaire et un ministre des Sports, on est devant un tribunal. Moi je n’ai jamais été dans un tribunal. C’est pour cela qu’il y a des réflexions à faire. J’ai entendu des mots dans cette réunion que je n’ai pas aimés. J’ai pris des engagements, j’essaie de les respecter.

Si je fais des émissions de radio tous les soirs, dans mes engagements, c’était pris. Je peux aller en Guinée, je peux faire même les émissions en Guinée. Je suis déçu moi après le match nul, les joueurs sont déçus. Quand un ministre vient donner des encouragements aux joueurs, je trouve la démarche bonne. Mais qu’après on reste avec un staff pour discuter avec le Comité exécutif, je trouve qu’il y a des propos qu’on ne doit pas tenir. C’est pour cela que je dis maintenant, j’ai des réflexions à faire.

Vous pensez à démissionner pour être clair.

Luis Fernandez :
J’ai une réflexion à avoir. Le Syli, je me suis attaché aux joueurs. Je les aime trop, je les protège et j’essaie de les mettre dans de bonnes dispositions. Dès fois, je suis un peu dur mais je ne suis pas dur que ça. Même avec les médias. J’aime bien que l’on ait une forme de respect vis-à-vis de moi. Et que moi aussi, je respecte le Syli, que je respecte ces institutions, que je respecte ce pays-là. Je n’ai jamais été demandeur.

Quand on est venu me chercher, les conditions ont été acceptées. Après on essaie de les appliquer. Là quand j’attend que c’est la faute du staff si on est passé par Paris, je ne suis pas d’accord. N’importe quel staff, quand vous leur demandez ce qu’ils souhaitent, il vous diront c’est d’être le plus rapidement que possible dans les lieux pour pouvoir jouer.

On ne peut pas dire que le staff a souhaité  passer par Paris. Il faut que les informations soient bonnes. Après quand mon équipe ne joue pas bien, je suis le responsable et j’assume ma responsabilité. On s’est qualifié pour les poules de la Coupe du Monde mais personne ne dit rien.

Mais on s’est quand même qualifié. On est dans un groupe où on commence contre le Swaziland. Rappelle-toi comment j’ai préparé cette rencontre, tu étais là, t’as vu. C’est compliqué. Maintenant, je vais avoir une analyse, une réflexion, après on en discutera tranquillement.

Interview réalisée par Tanou Diallo, envoyé spécial.

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