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11 mai 2021

ACTUALITÉ

Féguifoot : Les erreurs fatales d’Antonio Souaré (actualisé)

Mathurin Bangoura et KPC super v Antonio Souare

Au commencement était une disposition de l’article 33 -Ne pas avoir été jugé coupable de violation du Code d’éthique de la FIFA, et/ou de la CAF et/ou de la FGF durant les cinq (05) années précédant la candidature-, des statuts de la Féguifoot, taillé sur mesure pour nuire à un certain…Salifou Super V, ancien président de la Fédération guinéenne de football. Mais « il ne faut jamais approfondir le trou creusé devant l’ennemi », dit l’adage. Parce qu’avec une petite inadvertance, on peut bien se retrouver là-dedans. C’est le triste destin de l’homme qui, pourtant a le cœur sur la main. Antonio est aujourd’hui dans la nasse. Ci-dessous, les erreurs qu’il aurait pu éviter pour ne pas en arriver là.

Erreur no1 : L’article 33 taillé sur mesure

Quand Antonio Souaré réussit à mettre en place un comité de normalisation et donc, pousser Super V vers la sortie, la guerre éclate entre les deux. Un audit aux frais du premier, devenu président de la Féguifoot, accable le deuxième. Il est accusé d’avoir détourné d’importantes sommes. Et aussitôt la machine judicaire est actionnée contre Super V. S’il est condamné, il tombe sous le coup de la disposition de l’art33 suscité. La justice, suite à une plainte de Antonio, traque Salifou qui à un moment donné, quitte le pays. Les choses se corsent et Alpha Condé intervient pour calmer le jeu entre ses deux amis. Il demande à Antonio de retirer sa plainte. Ce que celui-ci ne fait pas. Finalement un mandat d’arrêt est lancé contre Super V. L’humiliation de sa vie. In fine, la justice ne le condamne pas. Mais ceux qui le connaissent, savent que Super V est aussi rancunier qu’un éléphant. Il attend le bon moment pour frapper en opposant à Antonio l’article 33. La FIFA lui donne raison. Et le président sortant de la Féguifoot prend un uppercut.

Erreur no2 : S’installer dans une attitude de monarque

Antonio Souaré ne s’est entouré que de personnes qui ne savent qu’applaudir. Incapables d’attirer son attention sur ses erreurs. Et pourtant « je suis un homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger », disait le philosophe. On a vu des gens aller à l’extrême menaçant de se suicider si Antonio n’était pas élu, ou tuer son concurrent. Le genre d’attitude qui met forcément la pression sur le patron de Yorokoguiya et l’installe dans un fauteuil de monarque : le seul maitre à bord !

Erreur no3 : Aller voir Fatma Samoura à Dakar

Quand la FIFA a attiré l’attention de la commission électorale sur l’inéligibilité d’Antonio Souaré, parce que condamné par la commission éthique de l’instance faitière du football mondial, celui-ci écoutant ses Batoula s’est entêté à candidater. Mais une menace de sanction planait sur la Guinée. Le président Condé voulant éviter ce genre de situation, invite les acteurs de football à Sekhoutoureya et demande à Fatma Samoura, secrétaire générale de la FIFA, de les renseigner sur d’éventuelles conséquences de la candidature du président sortant de la Féguifoot. Le verdict est sans appel : la Guinée pourrait être sanctionnée. Antonio se retire de la course. Mais rallie discrètement Dakar pour rencontrer madame Fatma en vue de « renégocier ». Peine perdue. Dura lex sed lex. Cette attitude montre que le président sortant de la Féguifoot ne veut pas lâcher prise.

Erreur no 4 : La non maitrise de la communication

De l’humiliation subie lors du vote pour désigner le pays organisateur de la Coupe du Monde 2026- « Je n’ai pas voté pour la candidature United », « [Je pense] qu’il doit s’agir d’une erreur, peut-être d’ordre technique »-, le président sortant de la Fédération guinéenne de football accumule les gaffes sur le plan de la communication. Sa dernière sortie en est une illustration. Pourquoi accabler dans la presse la gendarmerie qui l’a tant soutenu ? Avait-il besoin de cette sortie hasardeuse qui a amené les autorités de la sécurité à prendre des mesures draconiennes contre les agents publics qui rendent des services privés à des magnats ?

Erreur no5 : Le cas AKB

Super V accepte suite à la demande d’Alpha Condé de renoncer à sa plainte près des instances internationales de football après l’éviction de Boubatri, pour éviter une sanction contre la Guinée. Les acteurs du football [Antonio, Super V, KPC, Maturin] se retrouvent chez Alpha Condé qui tient vaille que vaille à regrouper la famille sportive. A l’unanimité, les acteurs présents s’engagent à soutenir la candidature de KPC. Quelques temps après cette rencontre, AKB annonce qu’il maintient sa candidature. Problème : AKB est si proche d’Antonio qu’il avait retiré « par solidarité » sa candidature à la vice-présidence quand celui-ci a renoncé à sa candidature. Pour le commun des Guinéens, AKB est donc le candidat de Antonio. Cette idée a été renforcée par le soutien manifeste de tous les proches de celui-ci. Faire maintenir la candidature d’AKB est ni plus ni moins une violation du « pacte de Sekhoutoureya », estiment-on.

Erreur no6 : Jouer le pourrissement

De nombreuses actions posées font dire à de moult Guinéens qu’Antonio ne veut pas partir de la Féguifoot : « Moi ou le déluge !» Il créerait ainsi la crise pour favoriser un comité de normalisation qui pourrait retoiletter les dispositions statutaires et permettre son retour dans les affaires. Les autorités le soupçonnent d’être celui qui fait dire à ses proches dans les réseaux sociaux notamment que le président Condé s’immisce dans les affaires du football. Ce qui, si c’est vérifié, pourrait faire sanctionner la Guinée. Les membres statutaires acquis à la cause de Antonio font tout à leur tour, pour pourrir la situation.

Erreur no7: Se débarrasser de Amadou Diaby

Amadou Diaby, ancien vice-président de la Féguifoot servait de porte d’entrée pour Antonio aux niveaux des instances internationales de football. Mais aussi de fusible qui a été trop vite sauté par Tony. Conséquences ? Toutes les portes ou presque lui ont été fermées à ces niveaux-là.

C’est donc ces erreurs commises par Antonio qui pourraient lui être fatales.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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