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CAN 2019 : LE BALLON NE TOURNE PLUS VRAIMENT ROND À LA CAF

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CAN 2019 : LE BALLON NE TOURNE PLUS VRAIMENT ROND À LA CAF

Egypte/Zimbabwe : c’est le match de lever de rideau de la 32e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). La compétition, qui se jouera du 21 juin au 19 juillet 2019 au pays des Pharaons, est marquée du sceau des innovations.

Première innovation : le nombre des équipes participantes est passé de 16 à 24 et les matchs se joueront dans six stades de six villes différentes ;

Deuxièmement : la compétition a lieu en été, à la fin des championnats européens ;

Troisièmement : l’arbitrage assisté par vidéo (VAR) sera utilisé à partir des quarts de finale avec uniquement des arbitres européens aux commandes.

Avec autant de premières, cette CAN 2019 inaugure une révolution dans le football africain, et plus d’un observateur sera attentif à son impact et sur la qualité de l’organisation de la compétition et sur celle du jeu. En effet, il n’est pas évident que les avantages d’une plus grande affluence du public dans les stades, d’une élévation du niveau de jeu, de la découverte de nouveaux talents soient au rendez-vous. C’est connu, beaucoup de joueurs des équipes nationales africaines, plus de 60%, sont dans des clubs européens dont les championnats viennent à peine de s’achever. Le temps de récupération des professionnels africains avant les matchs de la CAN est si limité, moins de trois semaines, que l’on se demande si leurs organismes auront du répondant pour leur permettre d’exprimer toute la mesure de leurs talents. N’est-ce pas que la fatigue est le premier adversaire de tout sportif de haut niveau ? Quand s’y ajoutent la chaleur et la possibilité que des terrains soient trempés par des averses, c’est à se demander si la CAF a vraiment fait le bon choix que de déplacer la plus grande de ses compétitions en plein été.

En tout cas Ahmad Ahmad tient la première CAN de son premier mandat à la tête de la CAF, celle des innovations et de l’attribution in extremis à l’Egypte après la disqualification du Cameroun. En attendant que les fruits de la compétition tiennent les promesses des fleurs des réformes qui y seront expérimentées, il y a comme une odeur de souffre qui s’exhale de la CAF. En vérité, il y a quelque chose de pourri à la faîtière des fédérations africaines du football. Ainsi à la veille de l’ouverture de cette 32e édition de la CAN, le président Ahmad Ahmad a annoncé, lors d’une conférence de presse au Caire, un audit général de l’organisation sous l’égide de la FIFA. Avant cela, en début juin, lui-même en personne avait été interpelé et auditionné à Paris pour des dessous-de-table présumés dans le contrat que la Confédération a signé avec la société Tactical Steel au détriment de Nike, son ancien partenaire. Certes, Ahmad Ahmad est reparti de Paris libre de toute poursuite judiciaire, mais pour combien de temps ? C’est un fait que la CAF traîne la réputation d’être une caverne d’Ali Baba pour ses principaux dirigeants, qui s’y sucreraient à la limite de la légalité.

L’audit annoncé vise donc à crever l’abcès de cette mauvaise réputation. On attend donc impatiemment de voir quelle thérapie la secrétaire générale de la FIFA, Fatoumah Samoura, nommée auditrice principale, va proposer à la CAF pour que les enjeux des affaires ne noient pas le jeu du ballon rond. En attendant, certains voient en Fatoumah Samoura un cheval de Troie du président de la FIFA, Gianny Infantino, qui préparerait déjà un de ses proches à la succession d’Ahmad Ahmad à la tête de la CAF en 2021. Qui vivra verra !

Zéphirin Kpoda

L’Observateur Paalga : Quotidien d’Information du Burkina Faso

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