Conakry, 24 juillet 2025 — L’énième épisode de la série tragico-comique de la Fédération Guinéenne de Football (FGF) vient d’avoir lieu. Une élection censée « réparer » les dysfonctionnements internes du Comité Exécutif a tourné à la foire, avec le retrait spectaculaire de trois candidats. Dr Minkaïlou Sampou, Mme Daloba Oularé et M. Kroutimady Kaba ont tout simplement claqué la porte, dénonçant avec fracas une violation flagrante des statuts de la fédération. Et une chose est sûre : cette fois, même les rideaux ne suffisent plus à cacher le désordre.
Une assemblée élective sous haute tension
La scène se déroule dans un hôtel de la place, bien gardé mais tendu comme une finale de CAN. Les membres de la FGF se réunissent en Assemblée Générale Extraordinaire, officiellement pour combler les postes vacants du COMEX (Comité Exécutif). Mais rapidement, ce qui devait être un processus démocratique vire au théâtre d’ombres.
Les trois candidats susmentionnés ne se contentent pas de refuser de participer. Ils jettent un pavé dans la mare en accusant la FGF de ne pas avoir respecté ses propres statuts, ceux-là mêmes censés garantir la transparence et l’intégrité du football guinéen.
Et pourtant, ces statuts ne datent pas d’hier. Revus et adoptés en 2022 puis en 2023, ils sont clairs : tout processus électoral doit respecter une procédure stricte, encadrée notamment par le Code Électoral de la FGF, qui impose des délais, une composition équilibrée, et une égalité de traitement des candidats.
Une fédé en roue libre ?
La question qui brûle toutes les lèvres : comment une fédération qui se vante de son attachement aux « bonnes pratiques » démocratiques peut-elle se permettre un tel cafouillage ? Depuis la suspension du Comité Exécutif initial, la gestion transitoire de la FGF ressemble davantage à un terrain vague qu’à une institution sportive sérieuse.
Les accusations des trois candidats ne sont pas banales. Il s’agit de mises en cause directes de la légalité du processus électoral, ce qui pourrait entraîner, si les faits sont avérés, l’annulation pure et simple de l’élection et de ses résultats. Et encore une fois, l’image du football guinéen sortira abîmée d’un nouveau feuilleton administratif.
Entre règlements piétinés et intérêts croisés
Ce n’est pas la première fois que des voix s’élèvent contre les pratiques internes de la FGF. Plusieurs observateurs dénoncent depuis des mois une mainmise d’intérêts personnels sur une fédération qui devrait, à l’inverse, promouvoir la transparence, la gouvernance et l’éthique. C’est écrit noir sur blanc dans le préambule des statuts. Mais entre les lignes, c’est surtout l’arrogance et l’impunité qui s’imposent.
En refusant de participer à cette élection contestée, les trois candidats ont lancé un message fort : « assez, c’est assez. » Ce boycott n’est pas un simple acte de frustration. C’est une dénonciation politique, une alerte démocratique, et un appel à réformer en profondeur le fonctionnement même de l’institution.
Un malaise généralisé et contagieux
Ce chaos ne fait que renforcer la méfiance d’une bonne partie de la famille du football guinéen. Clubs, supporters, anciens internationaux… tous assistent, impuissants, à une pièce où la logique a déserté la scène.
Et la question du jour est désormais claire : combien de temps la FIFA et la CAF vont-elles encore tolérer ce cirque institutionnel ? Car on le sait, les règles internationales interdisent toute interférence politique, mais elles n’ont jamais interdit l’assainissement. Et ce qui se passe actuellement à la FGF ressemble bien plus à une dérive chronique qu’à une crise passagère.
La responsabilité de trop
Il est temps que la Commission Électorale, les membres encore en place du COMEX, et même le Secrétariat Général de la FGF se regardent dans un miroir. Organiser une élection bâclée, sans respect des textes fondateurs, c’est jouer avec le feu. Et c’est surtout prendre en otage l’avenir d’un football national déjà fragilisé par les crises successives.
Au lieu de construire une institution crédible, certains semblent plus préoccupés par le contrôle des postes que par la relance du ballon rond.
Et maintenant ?
L’élection a-t-elle eu lieu malgré tout ? Les voix contestataires seront-elles entendues ? Une chose est sûre : l’histoire retiendra que trois personnes ont dit non à une mascarade électorale, préférant rester debout que de cautionner un système malade.
Et ce geste courageux ne peut être balayé d’un revers de main.
Tant que les statuts seront utilisés comme du papier cadeau, tant que les élections seront des vitrines au lieu de véritables processus démocratiques, le football guinéen continuera à perdre ses matchs les plus importants… sans même entrer sur le terrain.
— guineetopsports

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