
Crise au sommet du football guinéen : Un jeu dangereux aux lourdes conséquences
Dans l’arène tumultueuse du football guinéen, une situation alarmante se profile, telle une ombre menaçante sur l’avenir de ce sport passionnément suivi dans le pays. Les récents événements autour des élections du Comité Exécutif (COMEX) de la Fédération Guinéenne de Football (FGF) ont mis en lumière des tensions et des enjeux qui dépassent largement les frontières du terrain.
Le premier ministre Bernard Goumou, au centre de cette tourmente, semble jouer avec le feu. Sa décision de convier Mathurin Bangoura, un candidat à la présidence du COMEX, dont la candidature a été invalidée, à une réunion cruciale le 4 décembre, pourrait être vue comme une tentative de médiation. Cependant, les enjeux sont tels que même la médiation paraît un pari risqué.
Mathurin Bangoura, soutenu par le groupe qu’il a nommé le « G47 », a refusé catégoriquement de se conformer aux décisions des textes régissant la FGF, insistant sur sa majorité supposée. Son refus de se plier à ces règles est un défi flagrant à la fois à l’autorité de la FGF et à la FIFA.
Le choix de Goumou d’impliquer Antonio Souaré, un autre acteur controversé du football guinéen actuellement sous le coup d’une condamnation, comme médiateur, ajoute une couche supplémentaire de complexité à cette crise. Souaré, avec sa suspension de cinq ans, est lui-même un personnage polarisant, dont l’implication pourrait saper la crédibilité de tout processus de résolution.
Bangoura, avec son intransigeance, a clairement indiqué qu’il ne reculerait pas, allant jusqu’à menacer de bloquer le processus électoral, comme il l’a déjà fait lors du congrès du 25 novembre 2023. C’est une position qui s’apparente à une insurrection contre les structures établies du football en Guinée et, par extension, contre la FIFA.
La réunion, bien que courte, a mis en exergue les profondes divisions et le manque de consensus. D’autres candidats, soucieux de préserver l’intégrité de l’organisation et de respecter les normes internationales, ont refusé de céder, soulignant l’importance du respect strict des règlements pour maintenir la Guinée dans le giron de la FIFA et de la CAF.
La position du premier ministre Goumou dans cette affaire est délicate. S’il persiste à soutenir Bangoura contre les décisions de la commission électorale et les textes de la FGF, il risque d’exposer le football guinéen à des sanctions sévères de la part des instances internationales. La menace la plus immédiate et la plus grave serait l’élimination du Syli National des phases finales de la 34ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations, prévue pour janvier-février 2024 en Côte d’Ivoire.
Cet éditorial n’est pas une simple chronique sportive ; il reflète une situation préoccupante où le sport, qui devrait être un vecteur d’unité et de fierté nationale, se retrouve pris dans les filets de la politique et des ambitions personnelles. La question qui se pose désormais avec acuité est la suivante : les autorités guinéennes comprendront-elles l’urgence et la gravité de la situation avant qu’il ne soit trop tard ?
La FIFA, connue pour sa fermeté en matière de respect des textes, ne fera probablement pas de concession. Le football guinéen se trouve donc à un carrefour décisif. Les actions et décisions prises dans les jours à venir détermineront non seulement l’avenir immédiat du football national, mais aussi sa réputation et son intégrité sur la scène internationale.
L’heure est donc à la responsabilité et à la sagesse. Il est impératif que toutes les parties impliquées prennent conscience de l’importance de leur rôle et agissent dans le meilleur intérêt du football guinéen. Les yeux de la nation, et du monde du football, sont rivés sur eux.
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