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ÉDITORIAL – LE SÉLECTIONNEUR DU SYLI : UNE ÉQUATION À TANT D’INCONNUES…

L’exigence du local ou la tentation de l’étranger ?

ÉDITORIAL – LE SÉLECTIONNEUR DU SYLI : UNE ÉQUATION À TANT D’INCONNUES…

Dans le grand théâtre du football guinéen, le Syli national reste la troupe la plus attendue, la plus commentée, la plus espérée… et souvent la plus critiquée. Après chaque campagne décevante, le même refrain revient : “il nous faut un bon coach”. Mais au fond, c’est quoi un bon coach pour le Syli ? Un nom prestigieux ? Un meneur d’hommes ? Un technicien pur ? Un psychologue des vestiaires ? Ou tout ça à la fois ? À la lumière de la récente sortie d’Africa Guinée sur les attentes des professionnels du foot vis-à-vis du futur sélectionneur national, une vérité émerge : la Guinée ne cherche pas juste un entraîneur… elle cherche un sauveur. Et c’est là tout le problème.

Le mythe du « miracle coach »

C’est devenu presque culturel. À chaque revers de l’équipe nationale, l’entraîneur saute. Peu importe son palmarès, peu importe ses contraintes. On l’accuse souvent de tout : mauvaise tactique, manque de discipline, choix douteux, discours inaudible. Mais on oublie un détail fondamental : un sélectionneur n’est que le sommet d’une pyramide. Et cette pyramide, en Guinée, a les fondations fragiles.

Les professionnels interrogés par Africa Guinée sont formels. Le futur patron du Syli doit être “un meneur d’hommes, discipliné, connaisseur du football africain, proche de la diaspora mais aussi capable de manager les égos”. Bref, un coach parfait, un super héros moderne. Mais est-ce réaliste ?

Entre rêve et réalité

En coulisses, plusieurs noms circulent déjà. Des entraîneurs locaux, d’anciens joueurs reconvertis, quelques profils étrangers. Mais une vérité dérangeante s’impose : les meilleurs techniciens ne viendront pas dans un environnement instable, où la pression médiatique est délirante et où les décisions techniques sont parfois parasitées par des logiques politiques, sociales ou régionales. Les récents épisodes de crise à la FGF n’ont rien arrangé.

Et pourtant, la Guinée regorge de talents. Le vivier local est immense, la diaspora regorge de pépites, les supporters sont passionnés comme rarement ailleurs en Afrique. Ce qui manque ? Une direction sportive claire. Un projet sur cinq ans. Un cahier des charges structuré. Et surtout… de la patience.

L’exigence du local ou la tentation de l’étranger ?

Depuis toujours, un débat agite la rue guinéenne : faut-il un sélectionneur local ou un coach expatrié ? Les arguments sont nombreux dans les deux camps. Le local “connaît la mentalité”, il parle les langues du vestiaire, il peut créer une osmose culturelle. Mais il manque parfois de bagage international et surtout de neutralité face aux pressions internes. L’expatrié, lui, “impose le respect”, vient avec son staff, son expérience, ses méthodes. Mais il peut aussi vite se heurter à un environnement complexe, à des joueurs méfiants, à un public impitoyable.

La vérité ? Ce débat est dépassé. Le critère principal ne devrait pas être le passeport du sélectionneur, mais sa capacité à faire progresser le Syli. Et cela passe par un encadrement fort, un staff stable, des moyens, et surtout… une protection de la part de la fédération.

Un staff ou une “armée mexicaine” ?

On ne gagne pas une CAN avec un seul homme. Il faut une équipe derrière l’équipe. Un préparateur physique de haut niveau, un coach mental, des analystes vidéo, un médecin disponible, un coordinateur logistique, un responsable du suivi des joueurs. Dans les grandes sélections africaines comme le Sénégal ou le Maroc, le staff est pensé comme une petite entreprise. En Guinée, on continue parfois à bricoler. On nomme un adjoint “par affinité”, un médecin “par proximité”, un analyste “pour faire plaisir à tel club”. Résultat ? Le staff ne fonctionne pas, le sélectionneur s’isole, le projet se dilue.

Si la FGF veut du résultat, elle doit d’abord recruter une équipe technique complète et compétente. Pas juste un nom à mettre sur un banc de touche.

L’ombre du passé et le poids des attentes

La Guinée rêve de CAN. Elle rêve de trophée. Mais à chaque tournoi, la même désillusion. Parce qu’on croit qu’un homme va tout changer. Parce qu’on veut aller vite. Trop vite. Le Syli a besoin de stabilité, de vision, de confiance. Et cela commence par arrêter de faire du coach un fusible. Laisser du temps. Évaluer sur la durée. Soutenir dans les moments durs.

Et surtout, il est temps d’avoir un plan national pour le football. De la base au sommet. Des petites écoles de foot de Conakry aux clubs de Ligue 1. Sinon, même Guardiola échouerait ici.

Un coach, oui. Mais pas que.

Ce que les professionnels du foot guinéen demandent dans l’article, ce n’est pas juste un coach. C’est une réforme du système. Une cohérence entre les décisions fédérales, les ambitions sportives, et les moyens mis sur la table. Un entraîneur peut inspirer, motiver, former. Mais il ne peut pas tout faire seul.

Alors oui, il faut nommer un sélectionneur. Mais il faut surtout le choisir en fonction d’un projet. D’un cap. Et avoir le courage de s’y tenir.

Parce que le Syli, ce n’est pas un miracle à attendre. C’est un chantier à construire.

 

PAR GUINEETOPSPORTS.COM

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